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![]() Jim dans son fief à Pulp 68 Jim est un pilier de la scène Suisse, et encore plus de la scène Genevoise. Gérant du shop « mythique » Pulp 68, on c’est arrêté chez lui s’acheter des grolles et discutailler avec le gars. Attention activiste ! . Hello, peux tu te présenter ? Jim Zbinden, 37 ans, Genevois (Suisse) et multiples activités. Premièrement, je suis « The Godfather of 68 family » comme les gens aiment à m’appeler, team de skate et de snow crée en 1995, je suis aussi derrière pulp68, le shop Genevois. Je suis aussi Dj et Mc (sur de nombreux contests) sous le nom de dj mz / vinyl Vandal. Je suis designer et je travaille avec des amis sous le nom de Jmz ou Ed.Vetica, j’ai collaboré à des produits pour Burton, Uninc, Anon et Nidecker pour la ligne « The Helvet Underground » et certains projets comme la board « recycled Random » qui arrive l’année prochaine. Une de mes meilleures collaborations a été d’être sélectionné pour la Artist serie V.3 chez Zooyork ! Quel est ton parcours (scolaire et professionnel) ? Il est simple, je me suis fait virer de l’école à 15 ans. J’étais passionné de skate et de snow alors j’ai commencé à travailler sur des chantiers pour gagner de l’argent et je me suis cassé de chez mes parents.. Quelques années après j’avais crée Pulp68. En dilettante pour commencer puis, je me suis fracassé la cheville en skate (quintuple fracture, malléoles, tibia péroné, talon) J’ai donc eu largement le temps de me consacrer à tout cela pendant ma convalescence, et d’imaginer un shop convivial où l’argent ne primait pas sur la passion, beaucoup de gens ont adhéré très vite, la Family était née… Qu’est ce qui ta motivé à mettre en place Pulp68 ? Etant pratiquant moi même je savais exactement ce qui ne me plaisais pas dans les skateshops de l’époque. Ce côté « fait partie du clan où on te regarde pas », ces jugements de valeurs suivant les habits que tu portes, le côté élitiste . "J’avais envie d’un lieu où n’importe qui se sente accueilli de la même façon, un lieu de partage de cette culture." J’avais envie d’un lieu où n’importe qui se sente accueilli de la même façon, un lieu de partage de cette culture. En 1995 le skate et le snow étaient perçus très différemment…c’était un combat permanent pour survivre, personne n’y croyait (plus pour le skate et pas encore pour le snow.) ![]() Yan Bruno, un des membres du team de Jim Question con mais intéressante quand même : pourquoi avoir appeler ton shop Pulp 68 et pas 69 ? Je crois que c’est la question que l’on m’a posée le plus souvent, et à laquelle je n’ai jamais répondu. Il faut laisser une part de mystère (car je ne crois même pas avoir la réponse moi-même .lol). Pulp vient de ma passion pour Tarentino donc référence à Pulp Fiction et pour le chiffre, je ne sais plus vraiment, mais je sais que je l’ai conservé car il est très souvent lié à Genève (Gva 68 en code d’aéroport, en code de cibistes, 68 couplets dans l’hymne genevois) C’était aussi un moyen de différencier le shop et la family. Tu es basé dans une des plus belle scène skate d’Europe. Comment à évoluer la scène skate depuis 10 ans ? Je dirai comme partout, divers gouvernements se sont succédés avec des promesses et de magnifiques plans qui sont tous restés dans des tiroirs. Aujourd’hui, beaucoup de choses ont changé, la scène alternative a pratiquement disparu, fermeture de 90% des squats et avec eux, toute une culture souvent très proche du skate, qui disparaît. Beaucoup de spots sont anti-skatés. Genève est une ville riche et la place du skate n’est pas bien grande, cependant il reste de nombreux spots, la ville étant en pleine expansion, il y a pratiquement un spot de construit pour un spot détruit, mais il faut avoir le flair pour les trouver, le Genevois n’est pas prêteur ! Tu dis être le seul shop Genevois à être encore indépendant. Qu’est ce que tu veux dire par là ? Aujourd’hui le Busine$$ s’est emparé de nos sports et de leurs images, beaucoup de marques investissent directement dans les shops, pour ouvrir des chaînes et ceci sans pitié pour les petits skateshops indépendants qui se battent et créent la scène. C’est les skateshops qui font avancer et exister le milieu pas les multisports, il ne faut jamais l’oublier. ![]() Pul 68, un shop, une atmosphere. Mais ceci à un prix, j’essaye d’être cohérant avec moi-même et mes idées. Je sais que ce positionnement radical (boycott des decks en provenance de chine, anti bam margera, etc..) me fait perdre une clientèle de non initiés. Anti Bam Margera ? Pour moi il incarne tout le mauvais côté du skate. J’étais complètement conquis, et fan de son style sur les courbes de Burnisde, dans les vidéos landscape et CKY, mais MTV en a fait un produit marketing. Aujourd'hui les valeurs qu'il transmet ne sont pas saines pour les nouvelles génération et pour le skate en général: Au delà du fait que ses show soient complètement maquillés par une équipe de juristes et de préparateurs, que tout soit organisé c'est plutôt le non respect envers ses parents et l'image qu'il véhicule qui me dérange. A cause de cette médiatisation, de la stupidité quand tu fais une recherche de sponsor pour un pack ou un event, on te répond "ah du skate ? Oui mais comprenez, nous ne voulons pas de cette image, les courses de caddies et les feux d'artifices dans le cul ne m’intéresse pas..." sans parler des clones miteux qui ont surgit de partout, en espérant une gloire par la connerie... Le skate ne se résume pas à ceci pour nous, pratiquants, médias, mais pour le grand public, quelle image Bam a-il amené ?...quand j'ai voulu lui offrir mon t-shirt "shut-up bam", sa seule réponse à été : t'a quoi comme caisse ? Moi j'ai une Lamborghini, c'est toi le looser... ça résume tout.... J’ai pu constater que tu avais un team skate et snow supra fourni. Tu peux nous faire un petit topo ? Oui, on m’a souvent demandé combien je dépensais par an en budget de sponsoring pour pouvoir me payer un tel team, pourtant il est de zéro, tous les membres et team riders sont des amis, avec qui je partage cette aventure depuis le premier jour. Les plus jeunes sont venus continuer, à leur tour, cette expérience. "On me demande aussi comment devenir un team rider, mais il n’y a pas de secret, pour moi c’est plus une question de feeling que de tricks." On me demande aussi comment devenir un team rider, mais il n’y a pas de secret, pour moi c’est plus une question de feeling que de tricks. Certains ont arrêté, d’autres sont encore bien là et de nouvelles générations viennent se joindre à nous, les « anciens »… ![]() Daniel Egger sur l'un des contest organisé par Jim En terme de produit, quelles sont les marques que tu distribues ? J’essaye de soutenir les petites marques, mais elles sont mélangées avec de grosses productions comme Krew ou Volcom. Il faut de tout, je voyage souvent, et du coup j’essai de m’intéresser au productions locales que je rencontre au fil de mes déplacements. Je suis un passionné de Chocolate et j’essaye toujours d’avoir les séries complètes qui vont en expo jusqu’au moment ou la série est entamée… J’ai aussi suivi la tendance sneakers, étant collectionneur moi même (plus de 800 paires depuis 87) avec Adidas Adicolor ou Nike sb, aujourd’hui, j’ai accès à la collection DC life et aux séries spéciales. Quel œil porte tu sur le marché aujourd’hui Je porte un oeil de verre a force de me crever les yeux ! je suis fatigué, blasé et dégoûté d’entendre chaque semaine de nouveaux rachats menant à la perte d’un produit que j’ai aimé et soutenu…mais c’est ainsi et je continue a avoir ce feu sacré même si je ne comprends plus tous les tricks et tendances actuelles, lol… Tu penses que ça va aller dans quel sens dans les années à venir ? Tout va continuer a aller encore plus vite et vers un monde plus globalisé, les riders vont être des produits de consommation et de plus en plus jeune, chaque marque espère trouver Son Jordan, Son Tiger Woods au mépris du respect des valeurs… c’est ainsi, cela créera, enfin je l’espère, une scène core encore plus radicale et intransigeante En terme d’events, contests, qu’est ce que tu prépares pour cette année ? J’ai pas mal de choses sous le coude, il y a déjà la vidéo Pulp, PLAZA, 13th anniversary, deux ans de tournage (www.plazamovie.com) puis une série de contests « back to school » 5 étapes et une finale pour devenir champion genevois. Il y a temps de choses en préparation dans ma tête, j’en ai des migraines…j’essai de trouver un concept de contest original mais cela devient difficile car temps de choses ont été faites ! ![]() Toujours Yan Bruno quis 'amuse a monter sur les arbres en wall to fakie Comment te vois tu et où te vois tu dans dix ans ? Je me vois comme un jeune vieux ou un vieux jeune, c’est vrai, finalement, nous allons être la première génération de retraité du monde du skate et du snow, j’y pense souvent lorsque je vois des grands parents autour d’un skatepark, aujourd’hui pour eux c’est un monde qu’ils n’auront pas connus mais pour nous ce sera différent. Assis sur un banc en pierre, en train de jeter du pain au canard je pourrai me dire, « ahhh, si j’avais 40 ans de moins j’aurai fait flip back tail ce sur banc.. » Je ne sais pas ou je serai dans dix ans, tellement de choses se sont passées pour moi, je n’aurai jamais pu imaginer où je suis maintenant si on m’avait posé la question a l’époque alors qui sait… Mot de la fin Et bien ce ne sera pas très original mais je vais remercier ceux qui m’ont toujours accompagné dans cette aventure, famille, amis et les Vrais de l’industrie qui sauront se reconnaître. Ah, que c’est dur d’être derrière un comptoir et de s’entendre dire Monsieur, de se faire vouvoyer par ceux qu’on aimerait encore être en se regardant dans un miroir… Streets are your skatepark !
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